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L’auberge était tenue
par un prêtre espagnol
qui  nous recommanda
de ne pas salir les draps

En tant qu’homme d’Eglise,
il savait tout des femmes...

 

et que sourdait en toi

le sang du réséda.


Spécialiste de chair,
de coeur, de vin de messe,
le bonhomme avait droit
tous les jours à confesse
@ aux complaintes des  
duègnes délaissées.
                                             
Il nous confia la clé
d’une chambre en contrebas
exigeant qu’on lui donne
quarante pesetas
Puis il nous vit dormir
d’une fenêtre ouverte
cachée par la glycine
couverte de lilas

Le lit était brodé
d’images de la Madonne
et le mur tapissé
de photos de Franco
Et tu ensenglantas,
de ton corps, la vierge
sous le regard glacé
du caùdillo.

La Sainte eut ce soir-là
d'abondants stigmates
or, depuis deux mille ans,
ell  e n'attendait que ça :


Tant de messes ordinaires,
tant de prières idiotes,
tant de célébrations
lui étaient adressées
qui jamais ne pouvaient
étancher de son corps
l'humeur et la passion
 

Et notre amour naquit
de cette inquisitiòn
d’un tyran sanguinaire,
d’un curé espagnol,
et de draps inondés
dans un hôtel borgne,
des membres écorchés
d’un Christ sur sa croix

Le lendemain, bien sûr,
comme veut la coutume,
on exhiba dehors
le drap tâché de sang
afin que les voisines
qui faisaient leur marché
voient comment se consomme
l’amour de deux amants

Or, depuis Dolorès,
Julio et Fatima,
jamais on n’avait vu
tant d’étonnants présages :
et tu étais volage !
– on cria au miracle
“amòr et devociòn”

Et, dans la nuit gitane
que meuble désormais
le ronflement obscène
de la télévisiòn,
nos noces opulentes
grossissent les légendes
que les femmes éprises,
se racontent tout bas    

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